Le réchauffement pire que prévu?
Questions / Réponses sur l'environnement
Si l'effet de serre est une bonne chose pourquoi nous inquiètons-nous?
L'effet de serre est un phénomène naturel totalement indispensable
à la vie sur Terre car il participe à l'équilibre thermique
de la planète. Sans lui, la température de notre planète
ne serait pas de 15°C mais de -18°C.
Néanmoins des gaz comme le dioxyde de carbone (CO2), le méthane
(CH4) et l'oxyde nitreux (N2O) accroissent l'effet de serre. Contenus dans l'atmosphère,
ces gaz, qu'on dit à effet de serre (GES), agissent comme les vitres
d'une serre. Ils empêchent une partie de l'énergie solaire reçue
par la Terre de repartir dans l'espace. Et ce phénomène engendre
un réchauffement climatique. Avec l'ère industrielle, les émissions
de ces gaz ont augmenté, accroissant leur concentration dans l'atmosphère.
Il y a aujourd'hui 40% de plus de GES dans l'atmosphère qu'avant l'ère
industrielle.
Le réchauffement climatique a provoqué une hausse moyenne des
températures de 0,4°C depuis la fin du 19e siècle (au moins
un degré au Canada). Les experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution
du climat (GIEC) prédisent dans leur rapport, publié en 2001,
que l'effet de serre occasionnera une augmentation des températures de
1,4 à 5,8 °C au cours du siècle à venir. Cela pourrait
avoir des conséquences désastreuses, telle la fonte rapide des
glaces polaires et des glaciers qui conduirait à une élévation
du niveau des océans de près de 50 cm. Mais les changements climatiques
causent aussi des phénomènes extrêmes, tels les ouragans,
cyclones, tornades, tempêtes et autres inondations.
Qu'est-ce que l'effet de serre?
L'effet de serre est à l'origine un phénomène atmosphérique
naturel. Il permet à la température de la basse atmosphère
de se maintenir autour de 15 degrés Celsius en moyenne. Sans lui, la température
de la surface de la Terre avoisinerait les -13 degrés Celsius, interdisant
toute forme de vie.
L'effet de serre est lié à la présence dans l'atmosphère
de plusieurs gaz qui retiennent la chaleur transmise par le Soleil. Ces gaz,
tels la vapeur d'eau, le gaz carbonique et le méthane, agissent comme
les surfaces vitrées d'une serre, d'où l'expression «effet
de serre». Depuis le début de l'ère industrielle, il y a
250 ans, les concentrations dans l'atmosphère des gaz à effet
de serre ont augmenté de façon considérable.
Les climats des différentes régions de notre planète sont
le produit d'une répartition de la chaleur retenue dans l'atmosphère,
selon des mécanismes complexes. Or, à cause de l'augmentation
de l'effet de serre, la chaleur retenue par l'atmosphère est plus importante
et engendre des changements climatiques. Les climatologues estiment que sur
Terre, la température moyenne a augmenté de 0,3 à 0,6 degrés
Celsius en 100 ans et que les phénomènes climatiques extrêmes,
comme les sécheresses et les inondations, se sont multipliés.
Pourquoi les feuilles sont-elles restées vertes plus longtemps, cette
année? Pourquoi sont-elles tombées plus tard que d'habitude?
La chute et le changement de couleurs des feuilles ont eu lieu tardivement
ces dernieres années. Les conditions climatiques y sont pour quelquechose.
Elles ont perturbé le métabolisme physiologique des arbres. Le
mois de septembre et la première quinzaine d'octobre ont été
particulièrement doux (de jour comme de nuit). Les arbres ont donc continué
à fabriquer de la chlorophylle, ce pigment qui donne aux feuilles leur
couleur verte. En temps normal, à cette époque de l'année,
quand la photopériode se modifie (les nuits sont de plus en plus longues
et fraîches par rapport aux jours), les végétaux cessent
de fabriquer de la chlorophylle. Cela permet l'apparition d'autres pigments,
présents dans les feuilles et masqués habituellement par la chlorophylle
: les caroténoïdes donnent aux feuilles une teinte jaune, orange
ou brune et les anthocyanines, une couleur rouge et pourpre.
Selon les botanistes, si les feuilles ne sont pas tombées, c'est à
cause de la vitesse à laquelle le froid est arrivé. Lorsque
les températures diminuent, l'arbre fabrique du liège entre
la branche et la tige de la feuille (pétiole). La feuille tombe lorsque
le liège est complètement formé. Or, cette année,
le froid est apparu si vite que le métabolisme des arbres a ralenti
avant que le liège ne soit formé. C'est ce qui explique pourquoi
chez certaines espèces, les feuilles sont restées sur les arbres.
Seul point positif : les arbres ont eu amplement le temps de se constituer
des réserves nutritives, qui sont donc plus importantes que d'habitude.
Au printemps prochain, les arbres seront plus vigoureux.
Comment peut-on différencier une plante transgénique dune
plante non-transgénique?
À l'oeil nu, il n'existe pas vraiment de méthode simple pour identifier un
organisme génétiquement modifié (OGM), que ce soit une plante ou un animal.
Si l'on a introduit un gène servant à produire une protéine particulière, par
exemple, on peut alors tenter de la détecter directement. Il existe de petits
kits de détection pour identifier certains OGM de cette manière. Dans la majorité
des cas, il faut recourir à de rigoureuses analyses en laboratoire. La méthode
la plus répandue est l'analyse d'ADN. On extrait d'abord l'ADN de la plante.
Ensuite, grâce à la technique PCR (Polymerase Chain Reaction ou réaction de
polymérisation en chaîne), on multiplie les chaînes d'ADN à des millions d'exemplaires.
Ce travail peut être effectué en quelques heures seulement par des machines
automatisées. Finalement, on examine les chaînes d'ADN pour y trouver des séquences
génétiques d'OGM connus. On peut également faire la comparaison avec des chaînes
d'ADN « témoin » dont on est certain qu'elles ne contiennent pas de gènes étrangers.
Que sont les "perturbateurs endocriniens" ?
Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques, d'origine industrielle
le plus souvent, que l'on retrouve dans l'environnement, et que l'on soupçonne
depuis quelques années d'être à l'origine de dérèglements hormonaux (endocriniens)
chez les animaux ou même chez les humains. Ceci pour une bonne raison : la structure
moléculaire de ces produits ressemble fortement à celle des hormones animales
ou humaines. La liste de ces perturbateurs n'est pas encore tout à fait établie,
mais les scientifiques ont déjà cerné une soixantaine de produits comme les
métaux lourds, certains plastiques, et les dioxines. Même si on les retrouve
à des concentrations relativement faibles dans l'environnement, cela ne suffit
pas à les rendre inoffensifs, loin de là. Les animaux, comme les humains, ne
sont pas capables de les dégrader, et ils peuvent donc s'accumuler dans nos
organismes. Des scientifiques ont déjà entrepris des études sur l'effet possible
de ces contaminants sur la reproduction des animaux terrestres et aquatiques.
Il semblerait par exemple qu'on voit des poissons changer de sexe dans certaines
rivières à la suite de pollutions par produits chimiques. L'infertilité des
hommes, qui augmente dans de nombreux pays, pourrait, elle aussi, être liée
à ces polluants.
Utilise-t-on encore du fréon dans les climatisateurs? Qu'en est-il
des engagements du Protocole de Montréal concernant les produits qui
détruisent la couche d'ozone?
Le Protocole de Montréal date de 1987. Depuis, il a été
modifié à trois reprises: à Londres en 1990; à
Copenhague en 1992; et à Montréal en 1997. Les dernières
modifications sont survenues dans le cadre de la 9e Conférence des
Parties au Protocole de Montréal, qui s'est déroulée
à Montréal du 15 au 17 septembre 1997. Au terme de la conférence,
les 110 États participants se sont entendus pour la mise en place d'un
calendrier d'élimination des pesticides fumigènes (à
base de bromure de méthyle) et pour l'adoption de mesures destinées
à contrôler les importations et les exportations de CFC. Le but
de ces dernières mesures est la réduction du commerce illégal
des CFC.
Dans le cas du fréon, sa fabrication est interdite depuis le 31 décembre
1995. Les climatiseurs actuellement en vente ne devraient donc pas en contenir.
Malheureusement, les appareils conçus avant cette date risquent fort
de continuer à d'utiliser du fréon.